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La Team Rocket a encore déménagée pour d'autres cieux.
Je ne donnerais l'adresse qu'à mes réels amis proches. Adios.

# Posté le mardi 10 juin 2008 06:38

Modifié le lundi 21 juillet 2008 05:30

La suite, autre branche. L'arbre mort :

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La mairie reste calme. Les quelques employés regardent Margot ramasser les restes de mon corps puis les jeter sur son dos à vitesse grand V. Arrêt sur image pour le commun des mortels. Ces gens ont un job, un toit, un costume propre, voir des gosses. La routine les attirent plus que les yeux pleins de détresse de deux gamins crades. Personne ne bouge, sauf ma petite blonde ébouriffée aux yeux mouillés.
Je sors du bâtiment en piteux état, le menton ouvert, la cheville enflée, tordue à 90°. Je survis.
Ma civière humaine à du mal à marcher, faut dire que j'dois peser lourd. A midi, j'ai bouffé au minimum une centaine de tacos...
J'ignore ou en va. Je réfléchi, même dans le coma, même dans l'noir total, mon cerveau bouillonne.
J'sais pas si j'ai peur, si c'est mon c½ur qui bat comme sa, presque à vouloir s'enfuir, ou bien si c'est celui de mon amie qui cogne sous mon oreille écorchée.Mes paupières sont tellement lourdes que toute la volonté du monde suffirait pas à soulever un d'mes cils.
J'pèse des tonnes. Pachyderme sur le dos d'une danseuse d'Opéra. Sentiment implacable d'être un fardeau.
Entrechats, pivots, je perds le contrôle de ma monture sauvage. Margot s'ébroue sous mes blessures, ses pieds se dérobent sur la terre meuble des p'tits sentiers. J'ai l'impression de plonger dans l'océan Arctique enveloppé dans du papier cellophane. Trou blanc. Chute. Triple piqué dans l'eau gelée. Un frisson me parcours, mon épave sombre.

Il est 20 heures. J'le sais parcque j'viens d'émerger, que j'me trouve dans une pièce luxueuse et spacieuse, une horloge à l'ancienne posée à ma gauche.
Seul dans une chambre rose bonbon aux dorures clinquantes, la mémoire me revient. Mes parents sont des cons éternellement absents. Vagabond depuis pas mal de mois, je m'appelle Bob et là, j'ai mal.
La porte s'ouvre sur le visage de ma pote d'aventure. Boucles d'or m'observe un instant, puis souris de ses dents blanches non traitées au fluor.
-Pauvre con. T'aurais pu faire gaffe à la marche.
Son amour, c'est le genre de truc dont j'pourrais plus me passer.
-On est ou ?
-Dans un manoir près de la mairie. J'ai couru, ou plutôt j'ai tenté. Toi sur mon dos, nous sur l'chemin caillouteux. Dehors il pleuvais averse, t'a voulu te la jouer petit poucet, ton sang à tracé une ligne au sol. Sur le coup c'était pas drôle, mais vu qu'tu va pas clapser, finalement. . .
J'me rends compte que je supporte plus les baraques, les bâtiments, les murs et les cloisons, tout cela me rappelle Gigi, symbole d'une famille dissoute. Mes poumons commencent à suffoquer, mes veines paniquent et oublis de transporter mon sang direct au c½ur. Montagnes russes à l'intérieur.
Sûrement alerté par le bruit d'ma respiration de buffle, un vieux barbu débarque en claudiquant au pied de mon lit à baldaquin. Front plissé, rides apparentes, peau flasque, regard lointain, usé, vêtements bariolés, mains fines et pleines de croûtes colorées, peau arc-en ciel, l'homme a l'air d'un gamin rêveur dépouillé par ce voleur de Temps. Livré toutes options niveau vieillesse, dans ses yeux brille une pâle lueur d'enfance désabusée. Mon hôte a perdu ses illusions à force de solitude. . .
Une réaction esprit-corps se produit soudainement chez lui. Dominos mités déguisés en neurones, le souvenir des gestes qui sauvaient à l'armée, pendant le service militaire obligatoire, refaît surface dans son cerveau abîmé par les siècles.
Ses paumes multicolores me pressent la poitrine. Je suis conscient, et ne comprend pas, Margot non plus d'ailleurs.
L'homme me croit mort-vivant, alors que je suis seulement vivant-mort. Je ne veux pas crever, je veux exister. En me traînant.
Je subis sans rien dire, en général, jusqu'à ce qu'une goutte d'eau vienne faire déborder mon vase.
Plouf. C'est l'heure, un hurlement retentissant débarque alors de ma gorge. Genre
-Ah.
Le vieux doit sûrement être en train de capter son erreur, parc qu'il laisse mon corps de mouche en paix. Ses doigts cessent leur pression sur mon thorax, son altruiste force abandonne mon plexus solaire.
Margot donne un coup de pied rageur dans la jambe de mon pseudo sauveur.
-Bonjour Bob. Je m'appelle Alister.
L'attaque soudaine de boucle d'or semble avoir déclenché chez le châtelain l'automatisme de la parole.
Je sens qu'une bande enlace ma tête, assurément pour éviter les effusions de liquide. Mon visage lui-même me fait mal. Ma peau paraît au toucher comme tiraillée, déchirée. Quelques griffures customisent ça et là mes joues rougies au mercurochrome.
Mon corps jaillit de son cercueil, courbé en deux, je me lève sous les yeux ébahis des deux seuls spectateurs de la chambre rose barbie.
Un pied, puis l'autre. Droite, gauche. . . Droite, gauche. . . Gauche, droite . . . Droite, droite. . .
Rebelote. Je passe mes jours à marcher, à circuler, à partir surtout.
Le vieux m'observe.
-J'suis ok pour t'avouer que je ne suis pas médecin, fiston. Je confesse que ce château est flippant. Je vis seul ici depuis un bail et j'ai peur tout les soirs. Ta copine t'a ramené à moitié crevé, fallait bien que je fasse quelque chose, dehors il tombait des cordes et ton sang aurait ameuté les chacals du village. T'es qu'un gosse, écorché comme un grand. Qu'est ce que tu fous ?
-J'veux ranimer l'arbre mort. Partout c'est pas le bon endroit. Quelque part n'a aucun sens.
Ses yeux ronds ne comprennent pas, son c½ur froid et son esprit éteint non plus.
J'enfile mes pompes crottées, laissées à l'abandon dans un coin de la pièce, soudain sombre.
Je suis un arbre en manque d'amour sédimentaire.
Margot à toujours l'air de tout comprendre. Elle tourne le dos au vieux, avance en ma direction, me regarde et saisit le morceau de chair tremblant me servant de main.
On dit merci et on claque la lourde porte derrière nous.
Les rues sont vides, désèrtes. Le soleil ou la lune vole bas, l'heure m'a toujours importé peu. Ma mère et mon père n'ont pas attendu minuit pour m'abandonner. . .
Le silence semble peser des tonnes sur nos têtes de clochards de luxe. A tout les coups, le monde nous ignore, nous renie, et finis par nous cracher. Vulgaires molards humains. J'ai l'impression d'passer ma vie dans des villages fantômes, depuis quelques mois. Ou d'en être moi-même un.
Cette fois on restera dans ce village paumé de plus.
Ici un fragment des mes racines m'appelle. Deux sirènes voilées chantent, je suis un marin d'eau douce, paumé en pleine tempête.



# Posté le vendredi 06 juin 2008 09:49

Modifié le vendredi 06 juin 2008 10:44

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PAUSE



Le monde coloré, les gens, masse informe, les gosses brailleurs, les jeunes actifs, le 3éme age aigri, forment une éspèce de ruche surorganisée, taillée dans l'dollar . J'ai oublié ma case, mon rôle, mon identité propre, mon alvéole. Je m'éfforce d'ailleurs de perdre la mémoire.
Tu vois le Kilimandjaro ? Blanc, jaune, vert, rouge, bleu. Une multitude de teintes pétantes. Lève les yeux. J'suis sur le sommet. Petit point gris immobile, statique.
Plus perdue qu'le dernier hermite de Birmanie.
Sa fait un bail, déjà, que je songe à la fin de ce blog. Je détèste ce que je fais, j'ignore qui je suis, j' ai paumé l'envie.
Il est 16h24. Les graines du temps défilent, sans un regard pour ma gueule.
Sans but, sans objectif, disparue cette petite boule brillante au bout d'mon nez, qui m'faisait hier avancer.
Je ne poste plus aucun commentaire, je ne critique plus les écrits des autres, je suis dans l'impasse du jugement. Excusez-moi.
Je ne pense qu'à moi. Je ne survis que pour moi, je vis dans l'attente de mieux faire, de faire mieux ou d'mettre fin à mes jours.
La Terre ne me dégoute pas, seulement ces Hommes, pourris, rampants. Je refuse l'hypocrisie. Je me refuse à faire partit d'un ensemble ou le focutisme pose gentiment son cul et batît son fief. Dégoulinant d'affabilité.
En cette fin d'année je suis triste, deçue. Ceux qui m'entourent perdent leurs masques, et révèlent leurs faces de rapace.
J'en péte un cable. Répugnée, tachée. Les gens sont pseudos potes entre eux. Les gens sont pseudos amoureux. Pseudos attachés. Puis pseudos meurtris.
Nous faisons comme si nous aimions les autres, histoire de ne pas nous retrouver seuls. L'humain est un individualiste interéssé. Nombril sur patte. Coeur cloitré dans une envellope imperméable, bourrée au formol.


Ma place dans la réalité reste introuvable.

# Posté le jeudi 05 juin 2008 10:57

Modifié le vendredi 06 juin 2008 08:38

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J'ai réedité ma nouvelle. Sa fait prétentieux, ouais. Surtout qu'en plus, j'ai osé lui apposer un titre. " L'arbre mort ". J'ai été cap parcque j'me sens habitée par l'histoire, j'me sent battre et respirer en même temps qu'le héros. Et je trouvais le moment idéal pour lui donner un semblant d'identité, à ce Bob. ( Bon, ok. J'en avais juste marre de mettre des p'tits points noirs en guise d'intitulé .)
J'vois plus vraiment d'intêret à parler de ma gueule explicitement, mais histoire d'avoir encore droit aux visites des voyeurs no-life, j'me jette à l'eau.

J'ai rangé mes gros bouquins de cours. Les profs se sont mis d'accord pour mon passage en 1ère L option cinéma audio-visuel. Ni contente ni triste, j'termine l'année déçue.
La fin est toujours un truc que j'idéalise. Le coeur d'hélium de mes étoiles internes éclate. (penser à ne pas caser de phrases pseudos-poétiques quand j'parle de moi. Sa craint.)
Du coup j'me console dans les bras senteurs vodka d'la musique, aux propriétés bénéfiques niveau oubli d'la réalité.
Screamo, son Métal gueulant au groove des Kooks, mouvements de têtes rebels, rires sonores, pluie battante, nuits noires, couleurs mélangées, coeurs mixés, brouillard total, trou de mémoire.
Hélène a une face de poupée mécanique. Traits réguliers, teint blanc-rosé, silhouette fine. Bouche tic-tac.
Le cran qui saute sur son visage me rapelle le temps qui passe. Sablier humain. Héroine iréelle d'un bouquin rédigé par un gars au doigts magiques. Dyonisos.
On se reverra. Je t'écrierais encore. On érigera des rêves ensembles, en pleine campagne sauvage.
J'suis pas famous, j'peux me permettre les déclarations d'amour sincères.
Lilou c'est ma pote. M' faire la bise alors que j'pu l'alcool en est une preuve concrête.

J'vais peut-être faire partie d'un groupe. En temps que batteuse, sur du son rock. On m'a parlé des Beatles, dans mon coeur résonne le tri-pop. On verra. Niveau musique première libération, le solfège n'est pour moi plus qu'un lointain souvenir. J'étais une merde sur le plan compréhension des accords, tons, demis-tons.
Ok. . .J'suis démasqué. J'arrête de me la peter faussement.
J'avais un projet en cinéma, tourner un reportage. Le résultat est là, concrêt. D'immenses barres d'éclats de rires. Travail commun d'une bonne équipe. Point final.
Plus les miettes du temps s'écoulent, plus j'aime tourner, créer et faire bouillonner mon cerveau d'images enchainées. I love Spil-berg. ( Wa, comme dans Bienvenus chez les Ch'tits. )
Les jeunes n'ont plus de rêves. Je n'ai rien pris à Saez. La Terre est à la base légère, les Hommes l'accable d'leur matérialisme. On va couler. L'imagination est à un stade de décomposition plus avancé encore que l'pouvoir d'achat.
Le désir de tout un peuple tiendrais en une seule paume. Certains veulent une nouvelle Fender, d'autres fantasment sur l'ourlet d'un jean Levi's.

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# Posté le jeudi 08 mai 2008 13:47

Modifié le vendredi 06 juin 2008 13:39